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Le syndrome « Full time – No time »

Quand on me répétait sans cesse « profitez bien de vous deux » ou encore « Oulala, c’est pour bientôt, profitez de votre temps en amoureux ! », je dois avouer que je ne comprenais pas trop. C’est vrai, pourquoi profiter plus que d’habitude du Barbu ? Mon amour pour lui ne va pas changer. Je ne vois pas ce que l’on pourrait faire de plus pour profiter l’un de l’autre ..

Ça, c’était le type de réflexions que je me faisais « avant ». Ça, c’est que je trouvais absurde avant que Babynou ne soit là. Ça, c’est exactement ce que je suis en train de piger maintenant.

C’est à dire que lorsque l’on est à la maternité, les journées passent vite et toutes les heures (ou presque) on voit un membre du staff (même la nuit !). Du coup on est chamboulé par cet emploi du temps chaotique qui veut que l’on ne vit que pour son nourrisson, mettant de côté sa propre récupération physique et morale. Qui veut que l’on met aussi un peu de côté l’amour et l’attention qu’on a pour le papa.

Déjà à la maternité, on commence à voir la couleur des jours prochains, comme un léger aperçu de ce que ta vie va devenir pour les prochaines semaines ; tu dois nourrir ton petit toutes les 5 heures, quitte à le réveiller au beau milieu de la nuit et à galérer pour le rendormir ensuite, tu lui fais la toilette et les soins quand l’auxiliaire puériculture passe dans ta chambre.. dommage, ton plateau de petit déjeuner arrive en même temps. Tant pis pour lui ! Bébé passe avant tout, et c’est pas grave si tu es bord de l’évanouissement.. Tu dois sortir de ton sommeil en pleine nuit (alors que celui-ci se fait rare et salvateur) pour qu’une espèce de conna*** vienne faire un test auditif sur ton bébé à 2h du mat’ (et au final te dire que ça marche pas et qu’elle reviendra le lendemain !)

Lorsque j’étais à la maternité, et bien que très bien entourée et accompagnée, je n’avais qu’une hâte : rentrer chez nous avec le Barbu et Babynou. Retrouver mes repères, mon confort, mon lit, ma douche et pouvoir manger ce dont j’ai envie aussi (fuck off les plateaux repas gluten free dégueulasses élaborés par la diététicienne du service !)

Mais ça c’était sans compter sur le syndrome du « full Time – no Time ».

Explications.

Full Time car en temps que jeune parent, tu balises à mort et tu passes tout ton temps avec bébé. Il dort ? C’est pas grave je préfère rester quand même à côté de lui au cas où. L’un des parents donne le bib’ ? ok je reste à côté des fois qu’il ait besoin d’un truc. Babynou est éveillé mais calme ? Super mais je m’assois en face de lui et scrute le moindre signe inquiétant, on sait jamais. Être omniprésente. tout le temps, sans répit. Trop d’angoisses et d’inquiétudes pour le laisser une seule seconde (même quand l’autre parent est là. D’ailleurs il est dans le même cas que toi). Envie d’aller faire pipi ? Haha, la blague, il va falloir le laisser quelques secondes pour courir aux wc, faire ce que tu as à faire et à moitié t’arracher les muqueuses tant tu t’essuies vite. Ensuite tu cours encore puisqu’il faut aller se laver les mains, mais avant tu jettes un coup d’œil sur Babynou pour vérifier que tout roule. C’est la nuit et bébé dort tranquillement ? Bah toi tu fermes pas l’œil car tu as peur qu’il ne respire plus ou pire ! Qu’il ait un renvoi et s’étouffe. Donc au final, tu profites pas vraiment du confort qu’offre ton lit.

Puis les jours passent et tu prends plus confiance en toi. Tu te rends compte que ce petit loup sait parfaitement te faire savoir qu’il a besoin de quelque chose. Que la nuit lorsqu’il dort, il dort. Qu’il est inutile de rester prostrée à côté de lui sans cesse. Que l’autre parent gère très bien et que tu peux t’absenter quelques instants.

Vient alors l’autre effet Kiss cool : le « no Time ». Alors là les amis, on rentre dans le côté sport de la maternité. Tes journées sont rythmées par la multitude de choses à faire pour ton bébé et le reste aussi. Tu es réveillée par Babynou, tu changes sa couche, tu lui donnes le biberon, tu le câlines, il se rendort. Tu en profites pour avaler en speed ton petit dej’ qui de toute manière est devenu froid {note pour moi-même : arrêter de faire infuser mon thé lorsque je prépare le biberon en croyant naïvement que je pourrai le boire chaud !}{en plus il est bien trop infusé et pourrait réveiller un mort !}  Puis tu lances une machine pour que Babynou ait des bodys et pyjamas propres et doux. Tu checkes dans la chambre, il dort encore. Super ! Tu en profites pour faire les papiers de la secu/mutuelle/mairie/faire-part/etc.. (Ouai ouais, c’est sympa ça aussi, le côté administratif de la grossesse, je pourrai vous en reparler !). Tu étends ton linge. Quelques heures se sont écoulées et Babynou réclame le biberon. Re biberon. Re couche. Encore plein de câlins et de bisous. Il se rendort encore. Tu files sous la douche en réalisant l’exploit fou de te laver-sécher-habiller en moins de 10 minutes. On repassera pour profiter du confort de sa salle de bain.

Et c’est comme ça toute la journée, jusqu’au soir venu où ta moitié rentre du boulot et prend le relais. Mais là encore il faut préparer le diner, et surtout, réussir à ne pas engloutir son assiette en 3 minutes top chrono pour cause de Babynou qui pleure dans sa chambre et a décidé de ne pas dormir. Diner en amoureux est donc devenu un petit fantasme pour le Barbu et moi 🙂

Et je ne vous parle pas des jours où il y a des rendez vous chez le Pediatre/sage femme/osteo, parce que c’est encore plus sport !

Finalement les journées passent à une vitesse folle, tu n’as pas une minute à toi, tu fatigues vite, tu es un peu à fleur de peau, tu fais ton maximum pour que tout roule mais au détriment de ta propre fatigue .. tu es devenue maman en fait. Avec les inquiétudes et les aléas que cela engendre.

A côté de ces petits tracas,  ces syndromes s’accompagnent aussi de choses merveilleuses : tu profites de chaque moment d’éveil avec ton petit bout. Tu lui fais des sourires et des bisous à n’en plus finir. Tu te sens l’âme d’un gladiateur prêt à tout pour défendre son tout petit quand tu l’as dans les bras. Tu oublies ta fatigue, ton stress et le temps qui passe lorsqu’il est avec toi. Tu te perds dans ses yeux. Tu admires ses petites mains. Tu inspires à plein poumons son odeur quand tu lui fais un câlins. Tu t’émerveilles encore que ce petit être soit le plus beau résultat génétique de l’amour qui existe entre toi et ton amoureux.

Donc oui, les premières semaines on est ko. Oui, prendre ses marques demande un peu de temps et beaucoup d’organisation. Oui, notre vie a changé. Oui oui oui ! Mais pour rien au monde nous ne voudrions changer les choses ou revenir en arrière. On finira bien par trouvr le temps de reprendre des bains et diner en amoureux, et tout ça en gérant d’une main de maître notre vie de parents, et avec tout l’amour et l’attention dont Babynou a besoin.

Bon weekend 🙂

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