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Lâcher du lest

Dans la vie, chacun son petit caractère et sa manière de fonctionner. D’ailleurs, j’ai remarqué que les caractères des gens influent souvent sur la façon dont ils prennent soin de leurs home sweet home.

C’est vrai, certains sont ultra cools dans la vie et peu regardant au rangement,  d’autres sont très organisés dans la vie comme dans leur dressings, mais il y a aussi les bordéliques qui pourtant s’y retrouvent étonnamment bien lorsqu’ils cherchent un truc, et puis il y a aussi les obsédés de la propreté qui passent chaque mètre carré au peigne fin .. Bref, à chacun son mode de fonctionnement et son rythme pour tenir son intérieur.

Et c’est justement en observant les autres et leurs manières de faire que je me suis penchée sur mon propre cas. Quel type de « ménagère de moins de 50 ans » suis-je ? 

Je vais vous faire une confidence, il y a encore une année j’étais plutôt dans la dernière catégorie citée plus haut. Mon appart a toujours été propre, il sentait bon (et donc le propre), il brillait quasiment.  Trop peut être. J’étais capable de trouver un réel plaisir lorsque j’attaquais le rangement d’un placard ou le nettoyage intégral d’une pièce.. Si si je vous jure. Là où des personnes vont surkiffer un film ou une expo, et bien moi je trouvais le même plaisir dans le nettoyage/rangement de mon intérieur. (Heureusement pour moi, j’aime aussi les expos, le ciné et le théâtre ! (Ouf, elle n’est donc pas définitivement perdue). 

Dans la vie, je suis une nana plutôt rigolote, assez expressive (ouai bon, ok, plutôt extravertie)(mais dans le bon sens du terme hein !) et qui se marre beaucoup. Pourtant .. j’aime que les choses soient claires, les objets à leurs places, bref que ce soit rangé pour que j’y vois clair. C’est une sorte de charte avec moi-même indispensable à mon équilibre. Allez comprendre : un caractère aux antipodes de ma manière de faire !

Au boulot, c’est le même constat : organisation, ne pas laisser traîner, régler au cas par cas chaque dossier pour que tout soit bien dans l’ordre. Je peux vous assurer que ça demande pas mal d’énergie et une bonne dose de militarisme avec soi-même mais c’est tellement satisfaisant au final.

Heureusement, au cours d’une vie les choses changent, parfois sans même que l’on s’en aperçoive. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Et je crois pouvoir dire avec exactitude quand cela a commencé.

Le changement s’est opéré dès mon sixième mois de grossesse. L’embonpoint de mon joli ventre rond commençait doucement à me gêner pour réaliser certaines tâches ménagères. J’arrivais néanmoins à faire ce que j’avais prévu mais en prenant plus le temps, en étant un peu moins regardante sur le finish. Le dernier trimestre de grossesse aura je pense, eu raison de ma motivation. Tout ou presque était devenu compliqué, ajoutez à cela des douleurs au dos, et vous aurez compris que pour moi, passer l’aspirateur ET laver par terre dans la même journée devenait tout bonnement impossible. Et vous savez quoi ? Je me suis aperçue que ce n’était pas grave. Qu’il n’y avait pas de « police des tâches ménagères » qui allait me réprimander parce que le linge s’entassait dans la chambre, que la salle de bain était moins clean qu’a l’accoutumée ou que le bac à légumes du frigo n’était pas ultra propre non plus.

Évidement cela s’est aussi appliqué à ma psycho-rigidité administrative, tant pis si les papiers ne sont pas classés dans la boite d’archives qui-va-bien sitôt ouverts et traités.

Idem côté cuisine. Je me débrouille plutôt pas mal culinairement parlant à en croire le Barbu et mes proches. Sauf que tenir sa réputation de « bonne cuisinière » demande pas mal d’investissement et de temps derrière les fourneaux. Là encore j’ai assoupli l’histoire et accepte que parfois mes plats/desserts ne soient plus aussi parfaits que je l’aurais souhaité. Mieux encore, j’ai allégé mon esprit en me disant que « non, il n’est pas indispensable de passer 6 heures en cuisine pour un simple diner entre potes. Parfois des bonnes pâtes bolognaises suffisent au plaisir des papilles de chacun ! »

J’ai lâché du lest sans m’en rendre compte.

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J’ai décidé de relayer au second plan toutes ces choses… et comme ça m’a plu, comme ça m’allait, j’ai continué. Basta. Terminé, fini mon propre diktat sur les tâches ménagères et autres menues missions d’intérieur.

Aujourd’hui notre petit bébé est là, nous sommes devenus parents, et notre temps nous le consacrons intégralement à ce petit bout plutôt qu’au reste. Les premières semaines c’était un peu le chaos dans l’appart car nous étions un peu dépassés et puis il nous fallait le temps de trouver nos marques, mais ce chaos on s’en foutait. Plus exactement JE m’en cognais littéralement.

Et depuis on a trouvé le bon tempo, celui qui nous permet de profiter de chacun tout en réalisant au fil de l’eau les petites corvées ménagères. Pareil pour les dîners, on fait du « simple mais efficace ». Bref on s’accorde du temps, le droit à l’erreur aussi. On ne culpabilise plus pour un rien et on se rend la vie plus facile. Ça fait du bien au moral et ça repose l’esprit.

Il y a un proverbe qui dit « on ne peut être et avoir été« , et bien ce proverbe me ravit car « ayant été » cette fille un peu trop obsédée par la tenue de son intérieur/réputation de ses diners/rangement de ses papiers/etc, je me dis que c’est terminé …. et qu’a présent « je suis ».

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