Vous reprendrez bien un peu de garçon de bonne famille ?

Il est des fois dans une vie où l’on est tellement choqués par les comportements et/ou les propos d’autrui que seul le fait de les partager nous permet de mieux de les oublier.

Hier, dans un métro bondé, je ralliais tranquillement le lieu de rendez-vous de ma soirée. Ne pouvant malheureusement pas faire grand chose puisque mon corps tout entier – et ceux d’une cinquantaine de passagers entassés – était tout bonnement mué dans un immobilisme de rigueur, je laissais donc à mes yeux le loisir de contempler cette foule.

Mon balayage visuel s’arrêta sur un homme d’une trentaine d’année, à priori de bonne famille, vêtu d’un superbe manteau très “chasse, pêche, nature & tradition” [ironie], d’un pantalon de velours côtelé et de mocassins à glands [oui, tu as le staïle ou tu l’as pas].

Ce gentilhomme bien sous tous rapports me surpris d’abord par son comportement hautement citoyen puis par ses propos téléphoniques démontrant ses formidables qualités d’époux : une petite mamie pût ainsi prendre son siège dans le wagon et sa femme fut ravie d’apprendre que oui, monsieur irait bien prendre du pain avant de rentrer , ladite conversation téléphonique couronnée d’un “je t’aime mon amour” pour mot de fin.

En assistant à la scène, je souriais bêtement, me disant qu’à défaut d’un look très improbable, cet homme rendait au moins les gens heureux.

Puis, par le jeu du métro-rubicube (Principe selon lequel les passagers deviennent des cases de couleur mouvantes en vertu des montées et descentes à chaque station), je me retrouve à côté de ce “chasseur urbain”, légèrement en hauteur tout de même pour parvenir à voir ce que celui-ci est en train de lire et d’écrire sur son smartphone..

“Stupeur-surprise-colère-ingnominie-infâme personnage-enfoiré-mais c’est pas possible” sont à peu près les mots qui se bousculaient dans mon esprit à ce moment-là.

Figurez-vous que “Sieur le chasseur de bonne famille” était en train de répondre à sa maîtresse, la gratifiant de ces superbes qualités buccales et du plaisir que la pause-wc du jour prise ensemble lui avait procuré ! Non content de l’avoir remercié de la sorte, il pris le soin de mettre en objet de mail un titre n’ayant bien évidemment aucun rapport avec l’infidélité mais plutôt quelque chose ayant attrait au professionnel, comme “Projet Monsieur Durant – version 2”.

C’est étrange mais à cet instant, mon esprit “aussi” fut mué dans le même immobilisme que mon corps. En mode : Nan mais attends, il s’est passé quoi là ??

Quand “Monsieur-je-trompe-ma-femme-mais-tout-le-monde-n’y-voit-que-du-feu” me demanda pardon pour descendre du wagon, je l’ai laissé passer ahurie mais n’ai pu m’empêcher de lui filer un coup de pied, telle une vengeuse masquée .. de toute façon il n’aurait pas vu que c’était moi, le métro était plein !

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